Hydrolienne de 16 m : puissance et cavitation Sillage d'une éolienne et d'une hydrolienne en CFD Éolienne en CFD : cinq maillages comparés

Mesurer le débit d'une rivière : méthodes simples

Pour mesurer le débit d'une rivière, on calcule Q = V × Sm : la vitesse moyenne du courant (m/s) multipliée par la surface mouillée de la section (m²), ce qui donne un débit en m³/s. Trois moyens permettent de l'obtenir : le flotteur, la vanne et le déversoir. Nous rassemblons ici ces méthodes, collectées sur divers sites internet (notamment risques.meteo.edu et moulinafer.free.fr), car le débit est la première donnée à connaître avant d'évaluer la puissance qu'un cours d'eau peut fournir.

Au sommaire :

1 : Mesurer le débit d'une rivière avec un flotteur ou un traceur

Le jaugeage du débit d'un cours d'eau est une opération délicate, qui demande un peu de pratique pour atteindre une précision convenable. La méthode du flotteur est la plus simple, et nous la décrivons en trois étapes.

Matériel : une bouteille ou un bout de bois, un traceur coloré, un bâton gradué, de l'eau, un seau, un chronomètre, un mètre ou un décamètre (selon la section étudiée), un bloc-notes et un crayon, une calculatrice, du papier millimétré et des bottes.

Étape 1 : mesurer la vitesse moyenne du courant

La vitesse s'obtient par :

V = D / t

avec V la vitesse (m/s), D la distance entre deux points (m) et t la durée du parcours (s).

Choisissez d'abord une section de jaugeage où les filets d'eau sont parallèles entre eux. Enlevez pour cela les obstacles (cailloux, branches…) qui perturbent localement l'écoulement dans la zone d'étude.

Mesure du débit d'une rivière : schéma de deux zones d'écoulement : des filets d'eau parallèles à gauche, des filets perturbés à droite

Seule la zone aux filets d'eau parallèles convient au jaugeage ; les filets perturbés faussent la mesure.

Deux techniques sont possibles.

Un flotteur ou un traceur placé au centre mesure surtout la vitesse en surface, plus élevée que la vitesse moyenne de la section. Gardez ce biais en tête : la source ne donne pas de coefficient de correction, et nous n'en inventons pas.

Étape 2 : mesurer la surface mouillée

Pour connaître la forme du fond au niveau de la section de jaugeage, il faut relever la hauteur d'eau en plusieurs points.

Mesure du débit d'une rivière : profil d'une section : largeur L entre les berges, hauteurs d'eau h relevées en plusieurs points, surface mouillée Sm

La largeur L, les hauteurs d'eau h relevées à intervalles réguliers et la surface mouillée Sm qu'elles délimitent.

Étape 3 : calculer le débit moyen

Q = V × Sm

avec Q le débit (m³/s), V la vitesse moyenne du courant (m/s) et Sm la surface mouillée de la section d'étude (m²).

Si vous le pouvez, répétez les mesures des étapes 1 et 2 à différents moments de l'année (hiver, printemps…) et construisez un hydrogramme, c'est-à-dire le débit en fonction du temps. Comparez ensuite les relevés et formulez des hypothèses sur la variation du débit (précipitations…).

Débit d'une rivière, hydrogramme : courbe du débit en m³/s en fonction du temps en jours, avec une crue puis une décrue

Un hydrogramme : le débit monte à la crue, puis redescend progressivement.

2 : Débit d'une vanne sous pression : la formule de l'orifice

Ce moyen est commode, car il est rare qu'une usine à force hydraulique n'ait pas une vanne sur laquelle faire l'expérience. On lève la vanne et on la règle à la hauteur voulue pour qu'il s'échappe de l'orifice juste la quantité d'eau à mesurer. On laisse l'eau s'écouler un certain temps pour vérifier que le niveau d'amont ne baisse ni ne monte. Sinon, le débit de l'orifice ne correspond pas au débit normal de la rivière.

Le débit d'un orifice en mince paroi sous pression se calcule par :

D = m × L × E × √(2 g H)

avec D le débit, L la longueur de l'orifice d'évacuation (m), E sa hauteur (m), H la charge d'eau au-dessus du centre de l'orifice (m), g l'accélération de la pesanteur (m/s²) et m le coefficient de débit, qui varie de 0,60 à 0,65 selon la charge, la forme et la position de l'orifice. Avec ces unités SI, D sort en m³/s ; la source l'exprime en litres par seconde, soit D × 1 000.

Débit d'une vanne : coupe d'une vanne levée dans un mur de moulin : la charge H au-dessus de l'orifice, la hauteur E de l'orifice, l'eau de l'amont vers l'aval

Une vanne levée : H est la charge d'eau amont, E la hauteur d'ouverture de l'orifice.

3 : Débit d'un déversoir à mince paroi : la formule

Le déversoir offre avant tout un moyen pratique d'évaluer le débit d'un cours d'eau. La source le juge plus exact que la vanne, et plus employé. Il se compose d'une cloison mince, verticale, dressée en travers du courant, amincie en biseau ou garnie de tôle sur son bord supérieur.

Le débit est donné par :

D = m × L × H × √(2 g H)

avec D le débit, L la largeur du déversoir (m) et H la charge sur le seuil (m), mesurée à 1,50 m en amont selon la source. √(2 g H) est la vitesse théorique d'écoulement (Torricelli), et m le coefficient de débit, dû à la contraction de la lame d'eau, qui varie de 0,38 à 0,42 selon le cas. Comme pour la vanne, D sort en m³/s avec ces unités SI.

Débit d'un déversoir : coupe d'un déversoir à mince paroi : la lame d'eau passe par-dessus la cloison, la charge H est mesurée au-dessus du seuil

La lame d'eau déverse par-dessus la cloison : H est la hauteur d'eau au-dessus du seuil.

Pour aller plus loin, nous pouvons relier ce débit à la puissance disponible grâce à la page sur la relation entre puissance, énergie, travail et débit, ou voir comment une hélice motrice capte l'énergie d'un courant.